On A Trop Aimé Ou Presque
Des carnets de voyage un rien décalés qui regorgent d'infos pratiques
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On A Trop Aimé Faire : le canal des Pangalanes
De Tamatave à Farafangana, il s’étire le long de la côte Est de Madagascar. Long de 665 Km du nord au sud, il se présente parfois sous forme de lac parfois en un canal étroit.
C’est en 1896 que le Général Gallieni décréta la construction du canal pour faciliter le transport des marchandises et exercer un contrôle administratif et militaire sur toute cette région. La construction du canal des Pangalanes consistait à relier à l’époque ce chapelet de zones marécageuses entre elles et ainsi pouvoir remonter à Tamatave toutes les essences, les bois précieux, les épices, la vanille, le café…
Aujourd’hui, le canal n’est plus navigable sur sa partie intégrale. Il est bouché en plusieurs endroits par un manque d’entretien.
On est parti vers 10h du matin sur une pirogue à moteur avec Justin notre guide depuis la zone fluviale portuaire. On passe immédiatement devant d’immenses cuves de pétrole et une usine d’ammoniaque. L’eau du canal est complètement souillée. Sa surface est épaisse et huileuse. C’est saisissant. Le canal est complètement pollué. Les berges sont noires. Les plantes semblent brûlées. Dans cette eau, la population locale des villages se lave et pêche.
Sans entretien, bans de sable et jacinthes d’eau prolifèrent. La navigation, même pour une petite embarcation est difficile. Les embarcations plus importantes ne passent plus. Sur le canal, il y a le bateau-brousse qui, comme le taxi-brousse sur terre, relie les villages entre eux.
Dans le fond de notre pirogue, l’eau commence à apparaître. Mais c’est normal que la pirogue prenne l’eau. Plus tard, lors d’un arrêt, on écopera.
Sur les berges, des paniers sèchent dans les arbres. On les plonge le soir avec des escargots vivants dans le fond, ce qui attire crabes et écrevisses. Une fois dedans, piégés, ils ne peuvent plus ressortir. Le matin, on remonte les paniers.
Au fur et à mesure de notre avancée, on croise de plus en plus de villages de cases avec des barrières en bambous. On voit beaucoup d’enfants. À Madagascar, même si elle est encouragée, l’école n’est pas obligatoire.
On s’est arrêté dans un village de pêcheurs. Installés entre canal et Océan, ils pêchent des deux côtés. À une heure et demie de pirogue de Tamatave, on se sent bien loin de notre civilisation. Ici, comme ailleurs, les enfants ont envie de quitter le village pour la ville.
On s’est promené un long moment dans le village. On est passé devant l’arbre à palabres ou les grandes décisions communautaires se prennent et les réunions s’organisent. C’est ici qu’on s’est fait piquer à de nombreuses reprises par des moustiques. Ils se jetaient sur nous… Justin, lui, n’a rien ressenti. On a croisé des jeunes en train de trier la pêche. De grands paniers remplis de filet de poissons. Puis Justin nous a montré la plage côté Océan Indien. C’est sauvage. Sable blanc. Une longue bande vierge s’étire. Ici, la côte est rectiligne. J’ai trouvé ça incroyable de ne pas voir d’hôtels. Ah si, en fait, il n’y en a qu’un entre ici et Tamatave. Plus au Sud rien. C’est sans doute bien pour l’environnement. Moins pour la manne financière que représenterait l’apport touristique. Bon, à condition que toute la population puisse en bénéficier...
On a déjeuné, caressé un lémurien domestique (!) puis on a fait encore un long tour de pirogue. Sur les berges, des oiseaux (martins-pêcheurs et martins-tristes surtout), des zébus, des champs de palmiers pour la récolte de l’huile de palme. Partout des pirogues. Il y a beaucoup de monde sur la canal. Et puis au milieu de rien, comme un îlot en pleine jungle, un arrêt de bus en bois le long de l’eau. C’est l’arrêt du bateau-brousse. On l’a croisé. Il était plein de gens qui rentraient chez eux.
| Imprimer | Commenter | Articlé publié par Matt le 29 Mai 12 |